Investir

Déclaration 2044 : calculez vos revenus fonciers (3 cas)

Mis à jour le 29 juillet 2026 ·La redaction Success Group Immo
Formulaire fiscal 2044 avec calculatrice et documents de revenus fonciers sur bureau professionnel d'investisseur immobilier
Sommaire

La déclaration 2044 est le formulaire par lequel les bailleurs au régime réel des revenus fonciers calculent leur résultat imposable avant de le reporter sur la 2042. Elle concerne tout propriétaire bailleur dont les loyers bruts dépassent 15 000 € annuels, qui a opté volontairement pour le réel, ou qui détient un bien sous dispositif fiscal spécial (Malraux, Monuments historiques). Bien maîtriser ses cases peut économiser plusieurs milliers d'euros d'impôt. Cet article présente 3 profils chiffrés pour estimer votre résultat 2026 avant de saisir le formulaire, dont un profil de rénovation énergétique où le plafond de déficit imputable est porté à 21 400 €.

15 000 €
Seuil de loyers bruts annuels au-delà duquel le régime réel et la déclaration 2044 deviennent obligatoires
10 700 €
Plafond annuel standard du déficit foncier imputable sur le revenu global (case 4BB de la 2042)
21 400 €
Plafond doublé pour les travaux de rénovation énergétique sur logements classés E, F ou G atteignant la classe D ou mieux, prorogé jusqu'au 31 décembre 2027
10 ans
Durée de report du déficit excédentaire sur les revenus fonciers futurs (case 4BC)

Régime réel ou micro-foncier : quand la 2044 s’impose

Le micro-foncier s'applique automatiquement quand les loyers bruts annuels restent sous 15 000 € et qu'aucun bien ne relève d'un dispositif spécial. L'abattement forfaitaire de 30 % s'applique sans justificatif, et la déclaration se résume à quelques cases sur la 2042 C. Pratique, mais figé : aucune charge réelle ne se déduit, même quand les travaux ou les intérêts d'emprunt dépassent largement ce forfait.

Au-delà de 15 000 €, ou en cas d'option volontaire pour le réel (engagement irrévocable de 3 ans), la 2044 devient le formulaire officiel de référence sur impots.gouv.fr. Elle détaille chaque poste de charge et, quand les dépenses dépassent les loyers encaissés, fait apparaître un déficit foncier imputable sur le revenu global dans la limite du plafond en vigueur. Un bien sous dispositif de défiscalisation immobilière type Malraux ou Monuments historiques impose également le passage par le réel, quel que soit le montant des loyers.

Les 3 profils types chiffrés

Les 3 profils types chiffrés

Le résultat foncier dépend directement du volume de charges engagées dans l'année. Ces 3 profils 2026 illustrent l'écart entre un bailleur sans travaux, un bailleur avec des travaux courants et un bailleur en rénovation énergétique lourde. Le rendement locatif net après prélèvements reste le meilleur repère pour comparer ces trois profils sur la durée totale de détention.

ProfilHypothèseCalculRésultat
Cas A : sans travaux18 000 € de loyers, 6 500 € de charges (intérêts, assurance, taxe foncière, gestion)18 000 € - 6 500 €11 500 € de revenu foncier imposable
Cas B : travaux courants15 000 € de loyers, 21 000 € de charges dont 12 000 € de réfection de toiture15 000 € - 21 000 €-6 000 €, imputable en totalité (sous le plafond de 10 700 €)
Cas C : rénovation énergétique14 000 € de loyers, 32 000 € de travaux faisant passer le bien de la classe F à la classe C14 000 € - 32 000 €-18 000 €, imputable en totalité (sous le plafond doublé de 21 400 €)

Dans les profils B et C, la part du déficit qui dépasse le plafond annuel rejoint les déficits reportables sur les seuls revenus fonciers des 10 années suivantes, en case 4BC. Un comparatif de rendement locatif en plusieurs scénarios aide à choisir, en amont de l'achat, un bien dont le niveau de loyer limite le recours à un déficit important.

Plafond doublé à 21 400 € : conditions strictes pour en bénéficier

Le rehaussement temporaire du plafond de déficit imputable, de 10 700 € à 21 400 €, provient de l'article 12 de la loi n° 2022-1499 du 1er décembre 2022 de finances rectificative pour 2022, précisé par le décret n° 2023-297 du 21 avril 2023. La loi de finances 2026 a prorogé ce doublement jusqu'au 31 décembre 2027 pour les dépenses de travaux facturées et payées sur cette période.

4 conditions cumulatives ouvrent l'accès au plafond majoré :

  • le logement affiche un diagnostic de performance énergétique de classe E, F ou G avant travaux ;
  • les travaux permettent d'atteindre au minimum la classe D après travaux ;
  • un devis a été accepté à compter du 5 novembre 2022, et les dépenses ont été payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027 ;
  • les diagnostics avant et après travaux restent conservés en cas de contrôle de l'administration.

Sans ce doublement, un déficit de 18 000 € comme dans le profil C ne s'impute qu'à hauteur de 10 700 € sur le revenu global, le solde basculant en report sur les revenus fonciers futurs plutôt que sur l'impôt global de l'année.

Les charges déductibles ligne par ligne

Les charges déductibles ligne par ligne

La 2044 ventile les charges par nature, chacune correspondant à une case précise du formulaire :

  • frais de gestion et d'assurance (case 221) ;
  • travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration hors construction ou agrandissement (case 224) ;
  • taxe foncière, hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères (case 227) ;
  • intérêts d'emprunt et frais de dossier bancaire (case 250) ;
  • provisions pour charges de copropriété, régularisées l'année suivante (case 229).

Le résultat net s'inscrit ensuite en case 4BA (bénéfice) ou se répartit entre les cases 4BB (déficit imputable sur le revenu global, plafonné) et 4BC (déficit reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes) de la déclaration 2042. Cette mécanique de déduction charge par charge diffère radicalement du mécanisme d'amortissement pratiqué en LMNP, qui lisse la valeur du bien sur 20 à 30 ans plutôt que de déduire des dépenses ponctuelles.

2044 ou 2044-SPE : le bon formulaire selon votre situation

La 2044 classique suffit pour un bien loué nu sans dispositif fiscal particulier. La 2044-SPE (spéciale) s'impose dès qu'un bien relève d'un régime dérogatoire : Malraux, Monuments historiques, Cosse ancien, ou un déficit antérieur à l'option pour le réel qui reste à reporter. Elle isole ligne par ligne les avantages propres à chaque dispositif, sans les mélanger au résultat foncier de droit commun.

Un bailleur qui détient à la fois un bien classique et un bien en dispositif dérogatoire remplit les deux formulaires : la 2044 pour le premier, la 2044-SPE pour le second, avant consolidation sur la 2042.

Reporter le résultat sur la déclaration 2042

Une fois le formulaire 2044 rempli, le résultat se reporte en case 4BA, 4BB ou 4BC de la déclaration 2042, selon que le bilan de l'année dégage un bénéfice, un déficit imputable ou un déficit reportable. Pour comparer avec la location meublée, le régime micro-BIC ou réel des LMNP obéit à des règles d'amortissement radicalement différentes de celles du foncier nu.

Les bailleurs qui hésitent encore sur le mode de détention gagnent à comparer un investissement locatif direct avec une allocation plus liquide, à la fiscalité et à la gestion différentes, sans les contraintes de travaux ni de plafond de déficit propres à la 2044.

Pour aller plus loin

Outil gratuit

Simulateur de rendement locatif

Calculez le rendement brut et net de votre investissement locatif à Lyon, charges déduites.